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 Fanfiction sur Johan et Pirlouit: Le Retour des Ombres

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Eyael

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MessageSujet: Fanfiction sur Johan et Pirlouit: Le Retour des Ombres   Ven 11 Sep - 18:44

Bonsoir! en tant que grande fan de Johan et Pirlouit, j'ai eu envie de leur faire vivre des aventures à ma sauce dans une longue fanfiction en cours.
Il y aura de l'action, de l'amitié, de la magie. Par contre les Schtroumpfs ne seront pas présents, ils ont déjà leur propre série et nos deux héros rencontreront déjà pas mal de choses liées au fantastique comme ça.

Voici le prologue

Prologue

Disclaimer : L’histoire se centrera surtout sur les personnages de Johan et Pirlouit mais les Schtroumpfs n’auront ici aucun rôle.
Le prologue doit être lu pour ensuite comprendre la suite du récit.
Enfin, les personnages de l’univers de Johan et Pirlouit appartiennent à Peyo.

Il y a bien longtemps sur cette même terre, plusieurs siècles avant l’électronique, les prodiges médicaux, l’amélioration du train de vie. Mais bien après les pyramides, les invasions romaines ou barbares, en Europe on vivait une époque médiévale communément appelée « Moyen Age. »

Les châteaux forts se comptaient comme des fleurs, d’innombrables seigneurs régnaient accordant protection à leur peuple.
Nombre de gens rêvaient d’exploits chevaleresques et d’aventures que transmettraient par les siècles les troubadours.
L’on voulait s’élever plus haut que les étoiles en commençant à bâtir de ci et de là des cathédrales.
C’était aussi le temps de luttes entre les croyances. Légendes et mythes continuaient d’affronter le redoutable christianisme semblant indestructible.
Bien des gens des petits peuples avaient commencé à périr, il restait peu de gens pour rêver aux korrigans, brownies, elfes ou walkyries.
Les légendes, devinrent des mythes, de mythes elles ne deviendraient bientôt plus qu’histoires qui sombreraient dans l’oubli.
Scaldes, bardes même si ils avaient écrit en gaëlique, en runes ou en latin ces faits n’avaient pas le choix : ils devaient se plier aux exigences des seigneurs si ils voulaient continuer à gagner leur pitance.


La situation s’était aggravée, avant qu’il ne soit définitivement trop tard, il fallait agir et vite !
En ce jour d’équinoxe de printemps, c’était bel et bien la toute première fois qu’à Stonehenge sanctuaire sacré on pouvait apercevoir deux chars l’un tiré par deux boucs, l’autre par deux chats et un cheval à huit pattes.
Sur une des pierres, se tenait un corbeau observant la scène avec une expression mêlée de curiosité ; aucun mortel si près soit il n’aurait pu entendre quoi que ce soit. Pas la moindre parole, pas un mot, seulement le bruit du vent et de rares croassements ne donnant pas envie de s’attarder.
Et pourtant, pourtant les unes après les autres des voix chuchotaient ou parlaient à voix haute.
-Alors ?
-Eh, quoi donc encore Oberon ?
-Te décideras tu enfin à te montrer Puck ?
-Après toi, voyons. Tu joues un plus grand rôle que moi, Oberon. Tout le monde le sait.
-Soit, soit. Mais dans ces conditions, prends ton véritable aspect et quitte ce plumage. Le moment n’est pas propice pour se prêter aux futilités. La voix était devenue impérieuse ; prononcé par un homme de grande taille vêtu de noir.
-Il a raison. Thor Frigg et moi n’avons pas quitté Asgard pour ces enfantillages. L’heure est aux paroles puis aux actes !
Les paroles d’Odin avaient retenti tel le plus violent des coups de tonnerre. Fidèle à lui même, le dieu borgne ne voulait pas perdre son temps. Comme pour l’approuver Hugen et Mugen croassèrent bruyamment.
-Soyez remerciés de nous avoir conviés en ce lieu, dit une voix douce et mélodieuse. A son tour Frigg épouse du grand Odin avait fait son apparition.
Estimant que la taquinerie avait assez duré, le corbeau se posa sur le sol et prit l’aspect d’un garçons aux courts cheveux bouclés. Il rappelait vaguement les satyres de part les cornes sur son front.
-Jamais je n’aurais cru un jour rencontrer les Ases d’Asgard ! Je savais qu’il se passait quelque chose sous le ciel des Deux Bretagne. Mais sous les cieux de la Magique Norvège, non même dans mes rêves les plus fous, je n’y aurais songé.
-Personne n’y aurait pensé, fit observer Frigg. Hélas ! oui hélas ! Si nous ne voulons plus disparaître écrasés par la grande croix, les saints du paradis et les diables de l’enfer, nous devons nous unir.
-Sans bien sûr abandonner l’espoir. Maudits… Pourquoi ces tristes figures ? Si nous sommes presque tous réunis c’est pour faire perdurer notre existence et non pour la stopper.
-Ne te fâche pas sage Oberon, tempéra Thor. Oublierais tu que personne dans nos rangs est enchanteur. A part Morgane la Fée.
-C’est vrai ! La Fée Morgane, quels sots nous sommes ! Nous aurions dû y penser plus tôt.
-Qui m’a appelé et poussé à quitter Avalon ? Vous deux, sans doute Oberon et Thor.
-Oui Morgane. Tu ne peux plus rester là les bras croisés sans rien faire. Par la faute du Christianisme, nous courons un grave danger.
L’enchanteresse aux longs cheveux bruns vêtue de sa cape verte quitta son expression de bonté pour froncer les sourcils et émettre une protestation.
-Ah, non ! C’est absolument exclu, je ne les supporte pas. Tous des violents, des fourbes et des oppresseurs.
-Personne ne peut les aimer, si cela m’avait déjà été possible ils auraient péri en Niflheim dans les brumes glacées sans la moindre chance d’en revenir un jour !
-Oui Odin, tu as raison ! Ils sont même indignes de participer quand sera venu le jour au Ragnarok, approuva Thor en frappant le sol de son marteau . A cet instant précis les éclairs zébrèrent le ciel d’Angleterre semblables à un feu d’artifice ; suivi par d’assourdissants coup de tonnerre.
-Indignes également de chercher le pouvoir divin, le Graal ou de prendre place au château de Kaamelot , renchérit le roi des elfes.
-Ce ne sont vraiment que des empoisonneurs sans valeur, ils ne méritent pas tant de paroles à leur égard.
-Arrête bouffon ! Tu parles dans le vide ! Aurais tu déjà oublié comment bons nombre de Boggies, Korrigans, Nains, Elfes ont déjà péri. Combien de statues de leurs idoles ont été mises en lieux qui autrefois étaient notres ?
-Ou de temples, fontaines magiques protégées par des runes détruites ? De drakkars emportant les guerriers vers le Walhalla ne prenant plus la mer ? Ces malheureux en sont réduits à venir frapper à mon palais couverts de terre et sortant de boites en bois qu’ils appellent « cercueil », ajouta Odin.
-Par miracle nombre d’entre nous tiennent encore bon, désireux de protéger nos lieux et nos gens. Y aura il ce soir un coucher de soleil annonçant un répit.
-C’est fort probable Frigg, approuva Morgane. Accablés par le chagrin nous ne voyons que les parts les plus lugubres du tableau.
Il existe pourtant des enfants ou des vieillards qui songent à ces légendes et veulent y croire. Tant que les rêveurs de cette espèce existeront, nous continuerons à exister.
-Ah Morgane, Morgane ce que tu viens de dire est la chose la plus belle que j’aie entendu en ce jour.
Pour la première fois, Oberon daigna esquisser un sourire, Odin et Thor également. Allons, il ne fallait pas oublier que malgré l’épaisse couche de nuages était toujours là.
Que leurs rangs n’étaient pas si gravement affaiblis et qu’il subsistait des plantes, arbre ou objets chargés de pouvoir divin.
Yggdrasil était toujours aussi vigoureux, Excalibur bien qu’à nouveau figée dans le roc n’avait rien perdu de son tranchant…
Oui, oui ils réussiraient à se sortir de cette impasse. Il fallait seulement mettre en place la solution.


Le ciel se teintait peu à peu de teintes rouges orangées, de minces bandes de bleu sombre coloraient le nord et le sud.
Tous venaient d’achever un repas arrivant au dessert composé de tarte et d’une jatte de pommes dorées.
Puck croqua la sienne et se mit à l’observer avec curiosité comme si c’était la première fois qu’il voyait ce fruit.
Si seulement, si seulement… Mais pourquoi pas, vu la solidité des chênes et du frêne magique il en était probablement de même pour ce pommier.
-Noble Frigg, commença il d’un ton hésitant puis plus assuré. Pardonnez ma curiosité, mais qu’est il advenu d’Idrun ?
-Bien qu’elle soit gravement malade, son pommier continue à produire les pommes de l’éternelle jeunesse. Moins qu’avant certes, mais par mes soins, l’arbre reste en vie.
-Avez vous emmené avec vous de ces fruits ? Demanda à son tour Oberon qui comprenait où voulait en venir ce petit espiègle.
-Oui, il m’en reste quatre et une demie. Ne me dites pas que ?
-N’y pensez même pas ! Ces pommes sont réservées aux Dieux ou aux Héros. Pas aux mortels.
-Nous n’avons pas beaucoup d’autres choix Odin ! Myrddin est toujours plongé dans ses songes, si profondément qu’il ne pourra rien faire. Et les mortels peuvent réserver des surprises !
Ce n’est vraiment pas le moment d’être bornés, il y a une solution. Une solution, cria Morgane en se dressant devant le géant borgne.
-Mon aimé, tiens tu réellement à nos gens et à notre petit peuple ?
-Bien sûr que oui mais…
-Alors nous devons agir. Et le plus vite avant que la nuit ne tombe pour de bon !
Pressé par les autres, Oberon et Odin finirent par donner leur accord. Quelle idée périlleuse, vraiment risquée, dangereuse pouvant les révéler au grand jour. Mais si ça réussissait, alors ils seraient tranquilles pour un bout de temps.
Morgane et Frigg s’affairèrent en préparations en incantations tandis que d’autres traçaient des cercles, des symboles, consultant des grimoires.
Au coût élevé de sang, sueur, fatigue, usage de denrées rarissimes, magie blanche, le résultat finit par apparaître.
Tout d’abord timidement presque imperceptible puis se manifestant davantage.
Les étoiles soient louées ! Enfin tirés d’affaire ; rectification ; temporairement tirés d’affaire.
Sur un parchemin dont la peau venait d’un cerf, les participants de cette réunion rédigèrent chacun le contrat passé. En lettres majuscules des noms connus d’eux seuls.

Il ne resterait plus qu’à disperser les demies pommes dans le Royaume uni de Grande Bretagne, de Norvége sans oublier celui des Francs. Et de laisser agir le temps.
La nuit était sur le point de mourir ; la réunion devait elle aussi prendre fin.
Oberon fût le dernier à rester dans le cercle de pierres.
« il est temps pour moi de reprendre place dans les livres, d’observer le déroulement futur dans chaque gravure me représentant. A bientôt Bretagnes, jusqu’au moment où vous aurez à nouveau besoin de nous. »
Au lever du soleil, tout était redevenu en apparence comme avant. Aux mortels d’écrire leurs chroniques passées, présentes et futures.

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Eyael

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MessageSujet: premier chapitre   Sam 12 Sep - 12:02

Pour ceux qui ont regardé le prologue, voici la suite. Comme toujours j'attends vos avis qu'ils soient bons ou mauvais.

Chapitre 1 : Comme les doigts de la main


Dans un château fort, par une matinée d’automne ensoleillée.


-Tu n'as pas honte de continuer à dormir? une vraie marmotte voilà ce que tu es! Alors que le coq a chanté deux fois, allez debout!
Un jeune garçon aux cheveux roux flamboyants ne quittait pas des yeux un dormeur, heu non rectification : la belle au bois dormant !
-Oui, il a chanté deux fois le coq ! Et après? Ca chante tout le temps ces animaux stupides, soupira un jeune écuyer aux cheveux châtains dorés en se retournant dans son lit désireux de dormir encore quelques minutes.
-Galaad, tu as exactement TROIS minutes pour te lever. Et dire que c'était presque tous les matins la même chose! Ah, ils étaient beaux les apprentis chevaliers, tiens!
-Je ne vais pas lui faire de mal, Noisette, dit le roux à une belette roulée en boule sur l'édredon qui le regardait d'un air de reproche.
Bien, les trois minutes étaient écoulées, aux grands maux les remèdes! D'un geste vif, Puck tira vivement les draps et se prit deux secondes plus tard un oreiller en pleine figure suivi d'un "crétin".
-Y en a qui connaitront jamais le plaisir d'une longue nuit de sommeil, fit remarquer Galaad en baillant longuement alors que Noisette grimpa sur le bras de son maître pour quémander une caresse.
-Tu sais que j’ai failli hésiter à reprendre une cruche d’eau, demanda Puck en s’asseyant au pied du lit, une expression de malice sur le visage.
-Vraiment ? mais dans ce cas on aurait su que tu mourais d’envie de consulter les manuscrits de la bibliothèque, répondit calmement son ami.
-Que… Tu n’oserais tout de même pas ?!
-Je me gênerais tiens ! Galaad contempla avec un sourire narquois l’expression de son ami jusqu’à ce qu’on frappe à la porte.
-Oui, entre ! Tu sais bien que tu es toujours la bienvenue !
-Hei dere to! Du bør gå raskt!*1  Dit une jeune fille qui ne devait pas avoir plus de seize ans. Grande, mince et blonde avec le teint légèrement pâle et des yeux d’un bleu soutenu, elle observait le plus naturellement du monde les deux compagnons se disputer amicalement.
-Aye, thanks. On arrive !  Qu’est ce qui se passe encore ?
-On va le savoir une fois dans la grande salle. Du vet hva som skjer?* Demanda Galaad en refermant la porte avant de remettre son amie en garde.
Idrun… Tu sais bien que tu ne devrais pas faire ça, tu risques des ennuis si on te surprend à parler ta langue d’origine.
-Et après ? Ca m’est entièrement égal ! Ce n’est pas un seigneur ou des règles qui m’empêcheront de renoncer à ce que je suis vraiment.
-Moi non plus ! Annonça fièrement Puck avant d’ouvrir la marche.
-Décidément, y en a pas un pour rattraper l’autre pensa intérieurement le chevalier se retenant de lever les yeux au ciel. A croire qu’ils aimaient chercher les ennuis.  Et à chaque fois, ils comptaient sur lui pour les aider…
-Dis donc, tu peux parler toi ! Je parie que tu as encore  cherché des vers.
-Oui ! sur un anneau, vous voulez écouter ça ? Je pensais à la phrase suivante : « Un anneau pour les gouverner tous ».
Idrun et Puck se regardèrent d’un air gêné. Dès qu’il était question de poésie, leur ami devenait intarissable. Un anneau, mais oui bien sûr et pourquoi pas un calice doté de pouvoir tant qu’on y était ?
-Intéressant, continue à chercher. On se fera une joie de l’écouter une fois achevé, ajouta elle avec empressement en adressant à Puck un discret clin d’œil. Au moins, ils seraient tranquilles pour un moment.
-Entendu, petite sœur. Vous croyez qu’on a besoin de nous au village ? Après tout, les serfs doivent bientôt payer leur tribut à notre seigneur.
-Qui sait ? Puck esquissa un sourire devinant l’enthousiasme de son ami devant l’idée de cette éventuelle sortie.

Petite sœur n’était qu’un terme affectueux que Galaad et Puck aimaient employer à son égard. Tous trois n’avaient pas grand chose en commun mais étaient unis comme les doigts de la main.
Les longs moments passés ensemble avaient contribué à consolider leur amitié.  Pourtant, avec leurs caractères bien à eux et différents, cela aurait semblé invraisemblable. Surtout quand on était issu chacun d’un pays éloigné des deux autres.
Agé de dix sept ans, cheveux châtains dorés et courts, les yeux verts, Galaad avait toujours vécu dans le royaume Franc. Calme curieux, préférant les livres à l’escrime et au tir à l’arc, ça ne l’empêchait pas de remplir avec conscience son devoir d’écuyer.  Et de trouver du temps pour parler avec ses amis toujours prêt à les soutenir en cas de besoin.
Puck au contraire était doté d’un tempérament bouillant, actif. Toujours prêt à se lancer dans une aventure ou à jouer des tours, se lancer dans des bagarres… A dire vrai, le surnom de « Flamme rouge » lui allait comme un gant sur les deux points : physique et tempérament. Ses cheveux roux étaient constamment en bataille, et son regard brun reflétait clairement la vivacité.
Même si par moments, son Ecosse natale lui manquait affreusement, il savait qu’il pouvait compter sur ses compagnons.
Idrun, elle aussi éprouvait de temps en temps de la mélancolie. Depuis ce jour tragique, elle n’avait plus jamais revu les fjords, les montagnes enneigées en hiver et les forêts touffues de son enfance. La Norvège n’était plus qu’une image lointaine.  Son identité lui avait été à moitié usurpée, volée.
Mais les Ases avaient été assez miséricordieux pour lui accorder une seconde chance en mettant sur son chemin ses deux futurs meilleurs amis.


Autre lieu, dans un autre château fort à des lieues de là.

Une infernale cacophonie résonnait dans la cour. Passe encore si elle avait été involontaire, mais là… C’était délibéré et devenait réellement intolérable. Ca ne ferait jamais que la septième fois ce matin ?
Mais par tous les saints du Paradis qu’avaient ils bien pu faire au seigneur pour mériter ça ?
« Ce n’est toujours pas ça. Et si j’essayais un sol bémol en  réaccordant la neuvième corde ? Aaaah ça va beaucoup mieux comme ça ! »
Façon de parler et de jouer. Si on pouvait appeler ça jouer : une succession de swoïng plongs plus ou moins aigus avec de temps en temps des notes justes.
Un nouveau morceau retentit créant de nouvelles catastrophes : Un cheval fit un écart si brusque que son cavalier manqua de tomber, des poules s’enfuirent terrifiées en caquetant.
-Pirlouiiiiit ! Je savais bien que je trouverais la suite, ne dit on pas : petit à petit l’oiseau fait son nid ?
Surexcité, le petit bouffon attrapa la plume qu’il avait apporté et inscrivit les notes sur la partition de parchemin.
-Encore quelques heures de travail et cette sérénade sera… Mon chez d’œuvre ! Il faut absolument que Johan me donne son avis.
Personne et pas la moindre réponse explicite. C’était une farce ou quoi ? Si c’était le cas, elle n’était vraiment pas de bon goût. Disparaître comme ça sans un mot, en laissant son meilleur ami sans s’expliquer.
En se contenant pour ne pas exploser de colère, Pirlouit se dirigea vers les écuries afin de partir avec Biquette dire à un certain chevalier ce qu’il pensait de ces petits tours de bon goût. Non mais des fois !

Les feuilles avaient commencé à rougir, sur un chêne on apercevait encore des nuages feuillus bien que des glands soient tombés à terre. Non loin de là, des amanites avaient percé de terre, le vent était devenu un peu plus froid. On sentait bien que c’était l’automne, la saison du crépuscule, de la mélancolie.
Mélancolie, oui c’était le mot le plus adéquat pour désigner l’état d’esprit dans  lequel se trouvait un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de dix neuf ans. Etendu sur un tapis de feuilles, les bras croisés derrière la tête, il semblait plongé dans une profonde réflexion. La vue était bien dégagé à deux lieues de là, on entrapercevait les murailles du château. Ce panorama semblait le plonger dans une profonde tristesse à moins que ? Que ce ne soient des souvenirs douloureux qui remontaient à la surface ? Souvenirs qu’on croyait enfouis, surmontés mais qui venaient de temps à autres vous hanter ?
Des années auparavant, même endroit.
Si seulement son père n'avait pas donné son accord, si ces chevaliers n'étaient pas passés par là… On  en serait pas à ce point là : obligé de quitter son foyer, sa ville natale et suivre sans broncher ces hommes.  Dire qu’il y avait à peine trois jours, tout était encore normal : aider à la forge, à la maison, jouer de temps en temps avec ses amis. Et là, Ce n’était plus que le passé. Un coup de poignard donné en plein cœur qui rendait la douleur presque insupportable… Le seul moyen de ne pas s’y attarder était encore de ne plus parler, ne plus rien ressentir.
-Tu devrais regarder droit devant toi, ordonna l'un des cavaliers. Qu'est ce que tu attends, redemanda il avec insistance à un enfant.  Il ne semblait pas bien âgé, sept ans ; mince avec de longs cheveux noirs emmêlés et des vêtements un peu déchirés par endroit.  Manifestement il semblait inquiet, triste comme si ce voyage était la pire chose qu’on ait pu lui infliger.
A contrecœur, le gamin leva les yeux dans la direction indiquée pour y découvrir un grand château fortifié à l'aspect intimidant austère. Un endroit qui n'avait rien de rassurant.
-Je vois un château, il est très grand.
Il dût se retenir pour ne pas dire "et alors?" des places fortifiées il y en avait partout, pas la peine de s'extasier dessus. En plus il était fatigué et voulait rentrer chez lui c'est tout ce qu'il demandait.
-Hahaha, il te plait hein s'esclaffa l'un des hommes en arrêtant son cheval avec assurance. Eh bien petit, sache que cet endroit à dater d'aujourd'hui sera... Ta nouvelle maison!
Les mots lui donnèrent l'impression d'être frappé par la foudre ;"ta nouvelle maison" c'était n'importe quoi! Il avait déjà un endroit où vivre qu'il connaissait parfaitement avec tous ses amis, les rues adjacentes à la forge !  
Il mentait, il veut me faire peur songea intérieurement l'enfant en se cramponnant d'avantage à la taille de son cavalier pour ne pas tomber.
C’était un châtiment pour quelque chose mais quoi ? Oui,  il n'y avait pas d'autre explication plausible. Vivre dans cet endroit sinistre ? Non, il ne voulait pas! Si seulement... "je veux rentrer chez moi, par pitié je veux rentrer à la maison" pensa il a deux doigts des larmes. « Qu’est ce que j’ai fait de mal ? et pourquoi papa semblait content de me voir partir ? Il ne m’aime plus, j’en suis sûr ! »
-Mais... C'est un endroit pour des gens de la haute, pas pour moi. Pourquoi devrais je.. Venir avec vous, tenta il de sa petite voix ; faisant appel à tout son courage pour dire ce qu'il pensait. Et d'abord cet endroit ressemblait réellement à une prison, plus que tout autre chose.
Sa remarque déclencha une cascade de rires moqueurs, remarques mordantes le mettant encore plus mal à l'aise qu'il n'y avait même pas deux minutes. Non, il ne devait pas pleurer, non surtout pas! Pourtant ses yeux le brûlaient affreusement.
-Serais tu stupide gamin?! Doit on te rappeler quelle chance ton père et nous, t'offrons? Celle de devenir page et un jour chevalier. Dis moi, as tu une idée de combien de morveux comme toi caressent ce rêve? Alors combien?
L'enfant n'en savait strictement rien et pour tout dire il s'en moquait complétement. Il n'avait pas demandé à venir ici pour rêver de batailles et de gloire.
Devant le regard noir que lui adressait le chevalier il marmonna tout de même une réponse évasive et polie d’un ton timide où se reflétait également la peur.
-Beaucoup de monde, plus qu'on ne le croit messire.
-Exactement! Mais c'est quoi cette expression?! Qui m'a collé un pleurnichard pareil dans les pattes?! Il aurait du s’en douter, mais hors de question de supporter ça.  Rien de tel qu’une menace pour arrêter ce petit jeu. Espèce de  sale gosse, et une taloche ça te dirait? Tu aurais vraiment une bonne raison de vouloir pleurer là!!Quand nous arriverons au château, tu as intérêt à faire bonne figure, tu as compris? tonna il a l'adresse de ce morveux qui terrorisé se calma instantanément. Ca marchait à tous les coups.
-Oui... Messire. Vous pouvez compter sur moi.
Et dire que plus personne ne se souciait de qui il était... Personne depuis le début du voyage ne l'avait appelé par son nom: Johan. Etait il seulement qu'un simple instrument?

-Et voilà, propre comme un sou neuf, constata la servante en coupant une dernière mèche de cheveux. Décrassé grâce à un nettoyage intensif, le gamin avait l'air déjà plus présentable.
Au moins, contrairement à d'autres garnements intenables il était resté parfaitement sage. Se contentant de répondre par des oui madame, bien madame.  Si elle savait... Le château était si grand intimidant, avec tellement de monde qu'il préférait mille fois rester avec quelqu'un plutôt que d’aller explorer les environs.
-Merci de vous occuper de moi.. Madame ajouta il sur un ton presque penaud. Il la regarda brièvement dans les yeux avant de ressombrer dans sa mélancolie.
C'était bien la première fois que des enfants n'étaient pas surexcités. Mais après tout, le voyage avait été long harassant et il était tard. Ca irait sans doute beaucoup mieux demain matin.
-Allons mon petit, ce n'est pas la peine de faire cette tête là, personne ici ne va te manger.
Personne ne lui avait rien dit d'aussi gentil depuis leur départ. Etait elle la seule personne à avoir un peu de compassion? Légèrement encouragé par ce réconfort il se jeta à l'eau quand elle lui demanda ce qui n'allait pas.
-Madame, je.. Je voudrais rentrer chez moi, c'est tout.
-Ne sois pas ridicule, c'est ici ta nouvelle maison. Oui, je sais ce n'est pas facile, dit  elle en anticipant la suite. Mais tu verras, tu te sentiras très vite à l'aise.
Elle lui tendit un bol de soupe fumant avec une cuisse de poulet et un gobelet d'eau. Ca faisait une éternité qu'il n'avait pas mangé! Ils avaient chevauchés sans faire la moindre halte.
Puis elle le conduisit dans une grande pièce avec des lits simples peu confortables.
-C'est ici que tu dormiras. Vas te coucher, tu dois être en forme demain.
-Oui, vous avez raison madame, répondit il en se forçant à sourire et s'allongeant sur un lit.
La porte se referma le laissant seul. C'était un vrai cauchemar, un épouvantable cauchemar! Mais pourquoi ne se réveillait il pas même en se pinçant?
-Je.. je n'en peux plus ! Ce c’est injuste ! Ils n’avaient pas le droit ! il pouvait enfin donner libre court à sa tristesse. Pleurer autant qu’il le voulait devant ce qui se passait.
Personne ne l’avait consulté, le traitant presque avec indifférence. Faisant Fi de ce que lui avait vraiment envie.  
Alors après tout ce qui s'était passé, il estimait avoir le droit de pleurer de se sentir triste. D’être en colère contre eux, pour ce qu’ils le forçaient à endurer.  Vous êtes tous méchants et je vous déteste ! Je vous déteste !! dit il en essuyant ses larmes d'un revers de main avant de se remettre à pleurer.


« Douze ans, ça faisait douze ans et je m’en souviens encore. De ce choix qu’on m’a imposé et de bien d’autres choses encore »


A suivre

*1Bonjour vous deux! Vous devriez vite descendre!
*2Tu sais ce qui se passe?
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